Des centaines d’emplois pour sainté !

Des centaines d’emplois pour Sainté !

Nos propositions en matière d’emploi s’appuient sur la parole des personnes privées d’emploi et des organisations qui les accompagnent — comme le CTPEP ou Sud Chômeur. Elles tiennent aussi compte de l’organisation actuelle de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle, qui relèvent d’autres niveaux de l’État que la municipalité. Travailler avec France Travail, les Missions Locales, Cap Emploi et l’ensemble des acteurs institutionnels est indispensable. Néanmoins, il serait irresponsable d’ignorer que ces organismes n’atteignent pas leurs objectifs. La situation des jeunes et des seniors stéphanois en témoigne chaque jour.

Nos idées naissent également de la rencontre avec les entreprises stéphanoises. Leur message est clair : relocaliser l’économie, c’est relocaliser l’emploi. Et cette relocalisation doit s’appuyer sur une unité de base simple et efficace : le quartier. Une échelle humaine, proche du citoyen, ne signifie pas un projet marginal. Au contraire, nous parlons ici de milliers d’emplois potentiels. Pour y parvenir, trois grands défis doivent être relevés, trois transitions majeures qui dessinent l’avenir.

1. La transition démocratique : redonner du pouvoir d’agir aux habitants

Depuis des années, en France comme ailleurs, des mouvements citoyens — Indignés, Nuits Debout, Gilets Jaunes, et bien d’autres — réclament un renouvellement profond de notre système démocratique. À travers ces mobilisations émerge une autre manière de concevoir l’économie : plus humaine, plus locale, plus solidaire.

Une économie relocalisée, non délocalisable, respectueuse de l’environnement et ancrée dans les besoins des habitants n’est plus une utopie : c’est une nécessité face aux crises actuelles.

À Saint-Étienne, de nombreuses initiatives existent déjà : circuits courts, projets d’économie sociale et solidaire, ateliers de proximité, coopérations locales. Pour amplifier ce mouvement, nous proposons de nous appuyer sur les structures proches des habitants — centres sociaux, maisons de quartier, amicales laïques — afin d’y faire vivre de véritables projets d’économie locale.

Les relais emploi, déjà présents dans les quartiers prioritaires, pourraient voir leur mission élargie :

  • accompagner efficacement les demandeurs d’emploi dans l’usage des services publics,
  • mais aussi créer localement des dynamiques de recrutement,
  • et développer des projets d’ESS avec les entreprises du quartier.

Prenons un exemple : Terrenoire compte près de 300 entreprises. Combien recrutent réellement dans le quartier ? Les entreprises, petites ou grandes, sont pourtant prêtes à travailler avec leur territoire pour mieux s’y ancrer. Voir petit, c’est voir grand, car cela crée des emplois non délocalisables.

2. La transition écologique : un gisement d’emplois colossal

Les estimations nationales sont claires : la transition écologique nécessitera au moins 1,1 million d’emplois à moyen terme. Rien que pour la rénovation énergétique, il manque déjà 200 000 personnes à court terme.

Et pendant ce temps, à Saint-Étienne comme ailleurs, 1,4 million de jeunes en France ne sont ni en emploi, ni en formation, ni à l’école. L’École de la Deuxième Chance de la Loire, pourtant l’un des dispositifs les plus adaptés, est saturée.

La municipalité doit soutenir son développement, mais aussi participer à la création d’une École de la Transition Écologique (ETRE) avec les acteurs locaux qui travaillent déjà à son implantation.

En s’appuyant sur les nombreux réseaux locaux engagés dans la transition écologique — via la mise à disposition de locaux, la mutualisation des besoins, l’aide au montage de projets — des centaines d’emplois pourraient être créés à Saint-Étienne dans les années à venir.

3. La transition démographique : reconstruire le secteur de l’aide aux personnes âgées

Le secteur de l’aide aux personnes âgées est en tension extrême. Il y a encore quelques années, certains se demandaient s’il fallait laisser ce domaine au secteur privé lucratif. Les scandales — comme celui d’ORPEA — ont tranché la question : la collectivité doit reprendre la main.

Nos aînés ne sont pas un « or gris » exploitable, mais des citoyens. Les EHPAD municipaux doivent être renforcés, et leurs employés mieux traités. Les foyers-résidences doivent être soutenus, non fermés comme celui des Hortensias.

Aujourd’hui, trouver une auxiliaire de vie relève parfois du miracle. Pourtant, des demandeurs d’emploi — y compris des jeunes — possèdent les qualités nécessaires. Ce qui manque, ce sont des conditions de travail dignes et un parcours professionnel structuré.

Nous proposons de construire, avec la mairie, un véritable parcours :

  • sensibilisation aux métiers,
  • validation du projet professionnel,
  • alternance,
  • formation,
  • puis emploi durable.

Le maintien dans l’emploi exige aussi de repenser l’organisation du travail. Comment vivre décemment d’un temps partiel morcelé, avec des déplacements incessants en voiture ? Il existe suffisamment de personnes âgées dans chaque quartier pour relocaliser le travail à domicile, réduire les déplacements et améliorer les conditions de vie des professionnels.

Là encore, des centaines d’emplois sont en jeu. Et si nous laissons le secteur privé lucratif s’en emparer, ce sera deux fois moins d’emplois… et pour quelle qualité humaine ?

Conclusion : Sainté peut redevenir une ville d’emplois

Relocaliser l’économie, soutenir les transitions démocratique, écologique et démographique, s’appuyer sur les quartiers et les habitants : voilà la voie pour créer des centaines, voire des milliers d’emplois non délocalisables à Saint-Étienne.

Ce projet n’est ni marginal ni utopique. Il est concret, réaliste et déjà en germe dans notre ville. Il ne manque qu’une volonté politique forte pour le faire éclore.

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